Depuis que je dévore les épisodes de Battlestar Galactica comme un joaillier fou enfilerait des perles à un collier, j’ai réfléchi plus que jamais à ce que signifie faire un choix.
[Nota Bene : Battlestar Galactica est en passe de devenir ma deuxième série préférée, après Doctor Who, bien entendu]
Le choix, disais-je, d’abord d’accepter de perdre son temps à faire autre chose que bosser h24 sur mon mémoire. Bon, ça c’est en théorie, parce que je me réveille la nuit en sursaut, me maudissant de ne pas avoir passé ma journée à conceptualiser, mais au final le schmilblick n’avance pas. (Le mot mémoire étant trop douloureux dans mon esprit, je le remplace désormais par Schmilblick.)
Mais -allez-vous m’interrompre- pourquoi te torturer à regarder une série si c’est pour ensuite te reprocher à longueur de journées de ne pas faire avancer le schmilblick, chère truite ?
Le plus simplement du monde, voyons :

Ayant dévoré Dollhouse, je ne peux m’empêcher de laisser s’échapper des Grrraaaa, Hiiiiii, et Yooou à chacune de ses apparitions.
Si je voulais faire preuve d’honnêteté intellectuelle, je citerais également Jamie Bamber, mais cet argument me ferait passer en mode fangirl primaire, et ce n’est pas acceptable pour mon intégrité d’esprit.
Plus sérieusement, si j’ai explicité ci-dessus que cette série allait devenir ma seconde série préférée, il y a une raison toute bête : c’est vachement chouette. Tout simplement.
Je me souviens de cette époque plus ou moins lointaine, le lycée, où pour moi être fan de SF signifiait technique, robots, circuits imprimés et tout fan de SF se devait être un garçon boutonneux à lunettes, mal dans sa peau, et forcement en filière scientifique. Que voulez-vous, sortir les préjugés c’est toujours plus facile que tenter de comprendre quelque chose qui ne nous est pas familier.
Un jour, bien entendu, tout a changé : je ne saurais pas dire si c’est à ma première lecture d’Ubik (quelle abeille m’avait piquée ? ) ou mon premier visionnage de Solaris, qui ont dû avoir lieu à peu près à la même époque. Ce basculement définitif qui m’a fait prendre conscience que ce qui rend la SF si chouette, c’est l’étendue des possibilités qu’elle offre. Construire de A à Z un univers, c’est donner la possibilité de pousser à bout certaines réflexions, des angles de vues, dans certains cas un onirisme que la “réalité” baliserait ou limiterait. Et puis c’est surtout ouvrir son imagination : j’en parlais dans mon article sur le Christmas Special de DW ; offrir à son enfance une seconde chance de s’émerveiller et s’émouvoir.
Voici donc les deux rivages entre lesquels navigue la SF : l’émerveillement et la réflexion (dans laquelle j’inclus le questionnement sur nos modes de vie et ce qu’ils pourraient devenir)
Pour en revenir à cette histoire de choix que je tartinais plus tôt, c’est la première chose qui m’a marquée dans cette série. Chaque décision possède des avantages et des inconvénients, mais ne pas faire de choix est la pire des solutions. Et faire un choix, c’est devoir accepter de devoir vivre avec des regrets, des remords. C’était particulièrement marquant dans le pilote, et mon Dieu, ce que j’ai pu en pleurer. (Je pense que ceux qui l’ont déjà vu comprendront mon allusion, pour les autres, désolée, mais comme dirait River Song : “Spoilers !”)
Cette question du choix, je vis toujours plus ou moins avec. C’est un truc que je raconte parfois à mes copains. Je ne sais pas s’ils s’imaginent que c’est une métaphore, ou que j’exagère : je prend mes décisions à pile ou face. Par exemple, le jour où j’ai choisi de venir vivre à Rennes, cela n’a tenu qu’à un lancé de pièce, et le fait d’avoir misé sur face.
Ce qui mène, selon l’observateur, à considérer que :
- soit j’ai bien compris que mon esprit est de toute façon trop limité pour comprendre toutes les implications d’un choix, et que décider par le hasard, ce n’est qu’accepter cela. Et accepter également le fait qu’il y aura toujours des moments de doute ;
- soit je suis totalement inconsciente pour accepter que le hasard détermine mon avenir.
Mais pour décider de laquelle de ces conclusion est la plus honnête, il faudrait que je tire à pile ou face. Dommage, je n’ai pas de pièce sous la main.